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Esposizioni
IERI
Avvenimenti nazionali ed internazionali sul Futurismo e su altri temi correlati ampiamente documentati da comunicati stampa, testi critici ed immagini fotografiche.





Pablo Picasso
Portrait de Daniel Henry Kahnweiler, 1910









Carlo Carrà
Simultaneità. La donna al balcone, 1912









Georges Braque
Grand Nu, 1907-1908









Umberto Boccioni
La risata, 1911










Marcel Duchamp
Nu descendant l'escalier n°2, 1912










Giacomo Balla
Bambina che corre sul Balcone, 1912









Alexander Exter
Florence, 1914-1915









Gino Severini
Souvenirs de voyage, 1910-1911

 




LE FUTURISME A PARIS


une avant-garde explosive


Centre Pompidou, Paris

15 ottobre 2008 - 26 gennaio 2009


Scuderie del Quirinale, Roma

20 febbraio - 24 maggio 2009


Tate Modern, Londra

12 giugno - 20 settembre 2009


a cura di Didier Ottinger












Aujourd'hui encore, le futurisme sent le soufre. L'Histoire a condamné sans appel les déclarations martiales des manifestes, le culte de la force, de la vitesse, de la table rase, l'exaltation de la guerre mécanisée et des « orages d'acier » qui n'allaient pas tarder à déchirer le ciel de l'Europe. Elle n'a pas oublié non plus les compromissions de plusieurs membres du mouvement avec le fascisme italien.

Comme elle parait loin de nous, cette vénération sans nuances de l'avenir ! Comment, au sortir du xxe siècle, brûlé par les dévastations de deux guerres mondiales et l'épouvante de la Shoah, tolérer ces professions de foi brutales, ces appels grandiloquents à la destruction, ces rodomontades agressives et machistes ? Le parfum de scandale qui environnait les futuristes ne s'est décidément pas dissipé.

Pourtant, au-delà des déclarations bavardes ou fracassantes des manifestes, les futuristes nous ont laissé des oeuvres dont beaucoup s'imposent comme des chefs-d'œuvre d'un xxe siècle balbutiant. Des chefs-d'œuvre peu souvent montrés en France, car le pays où fut signé l'acte de naissance du mouvement - publié il y a bientôt cent ans dans Le Figaro - n'a conservé que très peu de peintures futuristes.

La première ambition de l'exposition du Centre Pompidou, qu'accueillent ensuite les Scuderie del Quirinale de Rome et la Tate Modem de Londres, c'est donc de laisser parler les œuvres : véritable tour de force muséal - rendu possible notamment par les relations d'amitié entretenues avec le Muséum of Modem Art de New York dont je tiens ici à remercier chaleureusement le directeur, Glenn Lowry -, la reconstitution quasi exhaustive de l'exposition historique de la galerie Bernheim-Jeune en 1912 sera l'occasion, pour nombre de visiteurs, de découvrir, dans une explosion de couleurs et de mouvement, les grandes peintures de Luigi Russolo, Umberto Boccioni, Carlo Carra ou Gino Severini et plus tard celles de Giacomo Balla.

En conviant à s'interroger sur les prolongements du mouvement futuriste dans l'histoire de l'art du xxe siècle, l'exposition invite également à revisiter une historiographie canonique, en grande partie d'origine française, qui en a durablement minimisé l'influence. L'analyse fine des rapports entre futurisme et cubisme, de la confrontation initiale à la fécondation réciproque et jusqu'aux tentatives de synthèse qui essaiment un peu partout - orphisme en France, vorticisme en Angleterre, cubofuturisme en Russie... - met en lumière l'influence européenne durable d'un mouvement qui, loin de n'être qu'un bref coup de tonnerre à l'aube du xxe siècle, s'impose comme l'une des sources fondatrices de la modernité en même temps que comme la matrice des avant-gardes qui se succéderont durant tout le siècle.

Mais par-delà l'ampleur du propos d'historien de l'art que développe le commissaire de l'exposition, Didier Ottinger, directeur-adjoint du Musée national d'art moderne-Centre de création industrielle au Centre Pompidou, la mise en lumière de la période parisienne fondatrice du mouvement, en le dégageant de ses dérives et compromissions politiques ultérieures, ne doit-elle pas également inviter à mettre en question la mutation du rapport de l'humanité à son propre avenir ?

Les appels des futuristes à détruire les musées pour libérer les forces créatrices de la nation italienne, ensevelie sous son propre passé, résonnent étrangement dans une époque où les hommes révèrent d'autant plus leur patrimoine qu'ils ont pris conscience qu'ils sont en train de détruire irrémédiablement le capital de ressources naturelles qui leur a été alloué.

Contre la tentation délétère du repli sur soi et de la crispation sur les traces d'un passé enfui, n'est-il pas temps, aujourd'hui, de réhabiliter le futur et d'embrasser le mouvement de dompter par la technique même le cheval emballé de la technique, de miser enfin sur les forces motrices de l'innovation et de la création pour rendre à l'humanité la maîtrise de son propre destin ?

À travers cette exposition, rendue possible grâce au partenariat établi avec le Groupe Devoteam, leader en Europe du conseil dans les technologies de l'information et de la communication, à qui je veux dire ici toute ma gratitude, c'est bien cette question, celle de l'avenir de notre futur, que le Centre Pompidou, défricheur, depuis plus de trente ans. de tous les chemins de l'utopie, voudrait poser en ce centième anniversaire du futurisme.


Alain SEBAN
Président du Centre Pompidou







Dans la liste des célèbres expositions consacrées au dialogue artistique noué au xxe siècle entre Paris et les grandes métropoles internationales (« Paris-New York », « Paris-Berlin », « Paris-Moscou », etc.), le Centre Pompidou aurait pu légitimement ajouter un « Paris-Milan » ou encore un « Paris-Rome », capables de rendre compte des échanges qui, de Severini à De Chirico, des architectes aux designers contemporains, ont marqué l'histoire culturelle de deux grands pays voisins en Europe. Le principe de ces expositions, traitant du jeu croisé des échanges et des influences, est à l'origine de l'exposition « Le futurisme à Paris », qui s'attache à un mouvement essentiel et pourtant trop peu connu en France parmi les avant-gardes historiques. Les collections du Musée national d'art moderne, pourtant si denses en bien des domaines, voient en effet dans le mouvement futuriste l'une de leurs principales lacunes. Raison supplémentaire pour saluer l'événement que constitue cette exposition.

Le dialogue en est le maître mot. Il est celui que surent établir dans la capitale française certains des protagonistes essentiels du mouvement futuriste, le poète F.T. Marinetti en tête, ce Rastignac venu de la lointaine Alexandrie pour conquérir ses lettres de noblesse littéraires dans les milieux du symbolisme tardif parisien. Mais encore Ardengo Soffici, peintre et théoricien, devenu le familier, aux premières années du siècle, des ateliers du Bateau-Lavoir (il est un des rares témoins de la genèse des Demoiselles d'Avignon de Picasso) ; ou Gino Severini, qui s'installe à Paris en 1906, et ne cesse dès lors de faire le lien entre les peintres italiens et français.

Toute étude objective des relations entre cubisme et futurisme suppose que soient rendues à leur dimension historique les querelles chauvines apparues durant les années qui précèdent la Première Guerre mondiale. La reconnaissance du rôle qui revient au futurisme a pâti de ce contexte. L'historiographie de l'art des années 1910 - on en juge plus aisément aujourd'hui - n'a pas échappé à cette tendance, marquée par l'essor des nationalismes. Pourtant, les faits et leur enchaînement implacable témoignent de ce que le cubisme, en tant que groupe constitué, et théorie articulée, doit à la stimulation et à l’émulation nées de l'avènement du futurisme à Paris.

Deux événements majeurs scandent cette manifestation de l'art italien d'avant-garde dans la capitale française. Le premier est la publication, à la une du Figaro du 20 février 1909, du Manifeste du futurisme rédigé par F.T. Marinetti. Avec ce texte aujourd'hui centenaire, le siècle entre dans l'âge des avant-gardes. Les formules chocs n'y manquent pas. On rappellera les plus célèbres : « Une automobile de course [...] est plus belle que la Victoire de Samothrace », « [Il faut] démolir les musées, les bibliothèques »... Un an plus tard, lorsque les revues françaises publient le Manifeste des peintres futuristes, c'est la peinture parisienne toute entière qui se trouve en émoi. Menacés de perdre la place prééminente - et jusque-là incontestée - qui était la leur, les artistes parisiens ressentent l'impérieuse nécessité de faire front, de s'unir autour de principes partagés et clairement énoncés. Cet aiguillon est à l'origine de l'histoire officielle et publique du cubisme. Le second de ces événements est l'exposition des peintres futuristes italiens qu'organise en février 1912 la galerie Bernheim-Jeune à l'initiative de Félix Fénéon. Cette exposition regroupant Umberto Boccioni, Carlo Carrà, Luigi Russolo et Gino Severini constitua un fait majeur dans l'histoire de la peinture occidentale, Elle devait ensuite circuler dans d'autres capitales européennes. L'intensité des débats qu'elle provoqua fut à l'origine, de Londres à Moscou, des collines de Puteaux (où se retrouvaient les peintres cubistes) à New York, d'une peinture « cubofuturiste » dont la formule séduisit les artistes tes plus novateurs de l'époque. Sa reconstitution quasi exhaustive dans l'exposition qu'organise aujourd'hui le Centre Pompidou permet à un large public d'en prendre toute la mesure et de redécouvrir des œuvres invisibles depuis la dernière exposition parisienne consacrée au futurisme (« Le futurisme 1909-1916 » : Musée national d'art moderne, septembre-novembre 1973).

« Le futurisme à Paris » veut restituer au futurisme, cette « avant-garde explosive ». la place qui lui revient dans les débats qui animent les deux premières décennies du xxe siècle. L'exposition se poursuit avec l'exploration des mouvements internationaux qui traduisent la diffusion du futurisme : Marcel Duchamp et Francis Picabia. les peintres russes, le vorticisme britannique, l'orphisme, le synchromisme... Elle s'inscrit dans la logique des manifestations que le Centre Pompidou a récemment consacrées aux avant-gardes de la première partie du siècle passé (le surréalisme, Dada). Outre le fait que ces expositions permettent l'accès d'un public renouvelé à des chefs-d'œuvre historiques, elles s'efforcent de reconsidérer ces mouvements fondateurs de notre modernité et affirment la vocation du Centre Pompidou à être un lieu où l'histoire de l'art s'écrit au présent.

L'exposition a été conçue par Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d'art moderne, dont je tiens à saluer le remarquable travail et celui de son équipe. Dès l'idée de sa conception, il nous paraissait nécessaire qu'elle trouve étape en Italie, en cette année qui célébrera les cent ans du premier manifeste futuriste. Je suis très reconnaissant à Mme Rossana Rummo qui a pris l'initiative de cette collaboration, à M. Mario De Simoni, directeur des Scuderie del Quirinale, ainsi qu'à Mme Ester Coen d'avoir rendu possible sa présentation à Rome, à la suite de Paris. La Tate Modem est venue s'ajouter à cette célébration, et j'en remercie son directeur Vicente Todoli ainsi que Matthew Gale.

Ce long circuit doit aussi beaucoup à la participation exceptionnelle des prêteurs publics et privés qui se sont généreusement associés à ce projet. La reconstitution de l'exposition de 1912 nécessitait une compréhension toute particulière. Je les en remercie très chaleureusement, l'exposition n'existant une fois encore que grâce à leur soutien.


Alfred Pacquement
Directes du Musée national d'art moderne-Centre de création industrielle

Catalogo edito da Editions du Centre Pompidou, Paris et 5 Continents Editions, Milano.

 
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